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31 juillet 2026

13 juillet 1943 : un bombardier britannique s'écrase au Bouveret




Au Bouveret, en Valais à l’extrémité est du Léman, entre la gare et le débarcadère de la CGN, un monument inauguré le 11 juillet 1993 rend hommage aux membres d’équipage d’un bombardier Lancaster de la Royal Air Force qui s’est écrasé sur le massif montagneux du Grammont le 13 juillet 1943.


Déroulement des faits

Le 12 juillet 1943, à 22 heures 35, le Lancaster ED412/EM-Q décolle de Langar, la base du 207 Squadron de la RAF dans la région de Nottingham. Il n’est que l’un des 295 bombardiers britanniques engagés dans cette opération dont neuf appartenant au 207 Squadron. Destination : Turin, centre industriel d’armement et important noeud ferroviaire pour les forces de l’Axe. Il est prévu de survoler  la Somme, Annecy puis les Alpes françaises à l’altitude de 6 000 mètres en laissant le Mont Blanc à gauche puis d’entamer la descente vers Turin. Mais les conditions météorologiques sont mauvaises au dessus de la France et rendent la navigation très difficile. On estime à une centaine le nombre d’avions qui durent modifier leur route et  entrer dans l’espace aérien suisse dans la première heure du 13 juillet. Pour une raison inconnue, le Lancaster Avro 683 immatriculé ED 412 est contraint de voler à seulement 900 mètres. Le 13 juillet à 0 heure 35, il percute le Grammont, provoquant la mort des sept hommes d’équipage :

Pilot Officer Horace Badge 20 ans

Flight Engineer : Sergeant Robert Wood 21 ans

Navigator : Lieutenant Arthur Charles Jepps 29 ans

Navigator : Sergeant Arthur Charles Wright 32 ans

Wireless Operator / Air Gunner : Sergeant Edward Higgins 24 ans

Mid-Upper Gunner : Sergeant James Arthur Spence 21 ans

Rear Gunner : Flight Sergeant Ronald Oswald Charles Brett 27 ans


Les possibles causes de l’accident

Aucune cause n’est formellement identifiée. Outre la météorologie déjà évoquée, il se peut qu’une erreur de navigation soit à l’origine de l’accident. Les équipages confondant les différents reliefs alpins et les lumières des villes suisses pour celles de leurs cibles comme c’est peut-être le cas pour le bombardement de Schaffhouse le 1er avril 1944. Certains émettent l’hypothèse de tirs de la défense anti-aérienne située dans le Jura helvétique qui auraient provoqué la perte d’altitude du Lancaster.

Autres événements de la nuit

À Praratoud

Dans la nuit du 12 au 13 juin 1943, un bombardier anglais passe au-dessus de Praratoud (situé à une quarantaine de kilomètres au nord du Bouveret) et largue sept bombes dont une seule explose, provoquant incendie dans la forêt et ébranlement dans les constructions.Une hypothèse est avancée selon laquelle cet avion, atteint par les tirs de la défense anti-aérienne suisse, ait cherché à s’alléger en larguant ses bombes pour gagner de l’altitude soit celui qui ait percuté le Grammont au Bouveret. Inaugurée en novembre 1945, À Praratoud, une stèle commémore l’événement.


Aux alentours de Sion

Un autre bombardier de la Royal Air Force, du même type et effectuant la même mission, le Lancaster III ED531 PO-T du 467 Squadron s’écrasa près de Sion (VS) après avoir, semble-t-il heurté une ligne à haute tension à la suite d’une perte d’altitude peut-être due à des tirs anti-aériens suisses. Les sept membres d’équipage sont décédés dans l’accident et furent enterrés à Vevey. Une plaque installée à l’aéroport le 5 juin 1983, commémore l’accident.


Les suites du raid

Treize avions britanniques ne revinrent pas de ce raid. La ville de Turin subit des dommages considérables ; 101 morts et 203 blessés y furent dénombrés. Le 16 juillet 1943, les obsèques de 14 aviateurs britanniques se déroulèrent au cimetière St Martin de Vevey. Aux sept victimes du Bouveret s’étaient ajoutées les sept aviateurs victimes de l’accident de Sion.

04 octobre 2025

1893 : deuxième voyage de Sissi Impératrice d'Autriche en Suisse


Il faut attendre le mois de septembre 1895 pour voir l’Impératrice revenir en Suisse. Ce n’est d’abord qu’une traversée nocturne en train via Berne et Genève pour gagner Aix les Bains où elle parvient au petit matin du 1er septembre. Elle y suivra une cure «avec une exactitude exemplaire. Tous les matins dès cinq heures et demie elle vient de son hôtel à l'établissement seule et sans se faire accompagner même par une femme de chambre. Elle retourne à l'hôtel (le Splendide, NDA) avec la même simplicité» nous raconte la Tribune de Genève dans son édition du 11 septembre.

Venant de la station thermale, elle parvient à Territet le 25 septembre en début de soirée. Elle logera à nouveau au Grand hôtel des Alpes. La presse s’amuse du fait qu’après l’arrivée du train à Genève les deux wagons transportant l’Impératrice et sa suite ainsi que le fourgon chargé de leurs bagages aient été accrochés au convoi Genève - Lausanne dont la route comporte pas moins de 29 arrêts…



Le bateau France de la CGN


Sous le titre «Une Impératrice à Ouchy », la Tribune de Genève relate la journée du 27 septembre que l’Impératrice a passé sur le Léman : "L'impératrice Elisabeth d'Autriche a profité de la magnifique et chaude journée de vendredi pour faire une excursion sur le lac. Accompagnée d'une dame et de deux chambellans elle passait à 10 h. 15 du matin à Ouchy sur la France et se rendait à Thonon. L'impératrice a fait la course inverse l'après-midi et se trouvait à 4 h. 45 à Ouchy sur le même bateau. S. M. était en toilette de soie noire et s'entretenait vivement en langue hongroise avec un des messieurs qui l'accompagnait. Malgré la fuite des années l'impératrice Elisabeth reste étonnamment jeune. Sa tournure est toujours d'une finesse et d'une élégance exceptionnelles et sa chevelure est restée superbe. Bientôt reconnue par les promeneurs qui avaient pris place sur la France l'impératrice s'est efforcée de se soustraire aux regards indiscrets derrière un grand éventail jaune."

Son séjour s’achève le 29 septembre. Elle quitte Territet vers 17 heures et  à Lausanne « prend le train de nuit pour l’étranger » nous informe La Suisse libérale sans donner de précision sur la destination.

Une question se pose : pourquoi le deuxième séjour de Sissi fut-il aussi court?


01 octobre 2025

1893 : premier voyage de Sissi Impératrice d'Autriche en Suisse


Nous sommes à la fin du XIXe siècle, c’est la Belle Époque. La Suisse vient de découvrir les opportunités économiques offertes par le développement du tourisme sur les lacs et dans les montagnes. Les infrastructures se développent : les bateaux des lacs sont de plus en plus grands et leur décoration de plus en plus élaborée, trains de montagne et funiculaires apparaissent dans de nombreux cantons, de magnifiques hôtels de luxe sont construits pour le plus grand bonheur des touristes aisés qui viennent de toute l’Europe. Elisabeth, Impératrice d'Autriche et Reine de Hongrie va profiter de ces installations lors de plusieurs séjours sur la Riviera vaudoise. Elle fait partie de la légende de cette région comme en témoigne le monument érigé à Territet. Pourquoi choisir Territet comme lieu de séjour? Avançons plusieurs raisons. Cette petite bourgade située à l’écart de Montreux est calme (ce que l’Impératrice apprécie par dessus tout) mais n’est pas isolée : un funiculaire (inauguré en 1883, voir son histoire ici) permet de gagner Glion et, de là, le magnifique site panoramique des Rochers de Naye par un train à crémaillère construit en 1892. Voila de quoi satisfaire les désirs de promenade sportive de l’Impératrice. À quelques centaines de mètres de l’hôtel de Sissi, se trouvent la gare ferroviaire et l’embarcadère de la Compagnie générale de navigation née en 1873.


C’est le 18 février 1893 dans la matinée que l'Impératrice d'Autriche et Reine de Hongrie Elisabeth arrive à Genève par le train de Turin. Elle vient en Suisse pour la première fois et passera sa première nuit à Genève du 18 au 19 février à l’hôtel Métropole qu’elle rejoint directement en venant de la gare de Cornavin. La matinée du lendemain est consacrée à une promenade à pied sur le quai des Eaux Vives (maintenant quai Gustave Ador). Ironie du sort c’est ici que le bateau Genève (sur lequel Sissi embarquera le jour de sa mort) sera ultérieurement désarmé.


Vers midi, elle quitte Genève par le train et parvient à Territet en début d’après-midi. Elle a voyagé à bord d’un wagon de 1ère classe loué auprès de la compagnie du Jura-Simplon qui arrive à Montreux à 15 heures. Elle va loger à Territet, dans l’ancienne modeste auberge devenue en 1855 le très bel Hôtel des Alpes, dépendance du Grand Hôtel. Des appartements y avaient été réservés pour un mois par le comte Liechtenstein, un habitué du Grand Hôtel, sans qu’il donne le nom des occupants.


Le 28 février est le jour de l’arrivée de son époux, l’Empereur François-Joseph. L’Impératrice, accompagnée de deux dames de sa suite et de son valet de chambre, quitte son hôtel à l’heure du déjeuner pour gagner Lausanne où le train de l’Empereur est attendu dans l’après-midi. Le train de l’Empereur arrive en gare de Lausanne vers 16 heures. L’impératrice, qui se promenait sur le quai de la gare au milieu d’un nombreux public, accompagnée d’une seule dame d’honneur, s’est portée à la rencontre du wagon dans lequel voyage l’empereur François-Joseph. Les époux se retrouvent puis embarquent dans le wagon spécial qui est maintenant attaché au train de Territet. Le train quitta Lausanne à 16 heures 45 ; le wagon impérial était précédé d'un autre wagon de 1ère classe du Jura-Simplon destiné aux officiers de la suite de l'empereur et suivi d'une voiture de 2° classe pour le personnel. Les installations du wagon impérial comportent : au centre du wagon un salon d'une richesse inouïe entièrement capitonné de velours bleu ciel ; puis un autre salon pour les personnes de la suite, une chambre à coucher, une petite salle à manger et deux petites pièces pour les valets de pied.


Le couple impérial arrive à Territet à 18 heures et gagne à pied le Grand Hôtel des Alpes. La presse raconte : «L'empereur donnant le bras à l'impératrice a traversé la foule qui saluait en se découvrant à chaque instant. C'était un spectacle au moins original que de voir le chef de la puissante dynastie des Habsbourg arpenter rapidement les trottoirs de Territet suivi par le prince de Liechtenstein et la comtesse de Festetics. Ce couple impérial est d'une réelle distinction ; l'impératrice d'abord svelte fine simplement vêtue d'une robe noire sans le moindre ornement d'une petite jaquette à col de fourrure et d'un chapeau ultra modeste ; l'empereur ensuite dans son vêtement sombre a l'air d'un rentier en villégiature. »


La Tribune de Genève datée du 1er mars 1893 nous renseigne sur le séjour de Sissi : «S. M. l'impératrice d'Autriche-Hongrie est dit-on enchantée de son séjour à Territet… Elle passe ses journées à se promener dans les environs; la grève du lac reçoit ses plus fréquentes visites. L'impératrice abhorre la compagnie: elle se fait généralement accompagner par l'une de ses dames d'honneur Mme de Festetics ou Mme de Feifalik. M. Barker chargé de donner des leçons de grec à la souveraine est souvent de la partie. À l'hôtel des Alpes qui est une dépendance du Grand-Hôtel somptueux édifice luxueusement installé, l'impératrice est inscrite sous le nom de comtesse de Hohenembs ; elle occupe avec les personnes de sa suite immédiate une demi-douzaine de chambres. L'empereur et sa cour en exigeant à peu près le double, cette annexe a été presque entièrement réservée à ces voyageurs de haut rang. »


Construit en 1841 comme une modeste auberge, le Chasseur des Alpes devint Hôtel des Alpes en 1855, puis en 1888 après l’adjonction d’un nouveau bâtiment décidé par Ami Chessex (hôtelier et homme politique vaudois, qui fut avec son beau-frère Alexandre Emery l’initiateur du développement de l'hôtellerie à Montreux). Sissi logea donc à l’ Hôtel des Alpes et son impérial époux au Grand Hôtel.



Le 15 mars, François-Joseph part rejoindre Vienne non sans avoir fait quelques cadeaux aux employés du bureau de poste de Territet ainsi qu’au personnel des gares de Territet et Lausanne. Le lendemain, 16 mars, Elisabeth quitte Territet à midi, arrive à Berne, prend une collation au buffet avant de faire une promenade dans les rues et de reprendre le train pour Lucerne où elle arrive dans la soirée. Elle passe la nuit à l’hôtel National et quitte Lucerne le 17 mars dans la matinée après, comme d’habitude, une promenade à pieds sur les quais pour gagner Lugano où il est prévu qu’elle passe quelques jours. Elle arrivera à Gênes le 26 mars dans la soirée, toujours dans le wagon du Jura - Simplon et passe la nuit au Grand Hôtel Isotta. Le lendemain, elle s’installera à bord du yacht impérial Miramar et visitera Gênes pendant quelques jours avant de gagner sa résidence de l’Achilléion à Corfou. Son séjour à Gênes est relaté sur deux sites https://dearmissfletcher.com/2013/06/14/limperatrice-sissi-turista-nella-superba/ 

et https://unarapidaebbrezza.blogspot.com/2012/12/homepage.html.


La presse genevoise, en particulier la Tribune de Genève, a relaté quotidiennement les activités du couple impérial, s’interrogeant sur la durée du séjour et évoquant les rares désagréments occasionnés par quelques personnes («principalement anglaises») qui suivaient assidûment l’Impératrice. C’est également la presse qui nous apprend que « Composée de 18 personnes, sa suite comprend quelques hauts dignitaires des cours d’Autriche et de Hongrie, la comtesse Sztaray, dame de compagnie de sa Majesté de 1893 à 1898, et 42 pièces de bagages… ».



Le yacht impérial Miramar



 

23 juillet 2024

Évian les Bains

Quelques clichés de la ville d'Évian qui doit son développement au tourisme thermal de la Belle Époque. Sans aucune prétention à l'exhaustivité...


Le Palais Lumière. Construit face au lac Léman en 1902 pour être le premier établissement thermal de la ville, devenu centre d'exposition et palais des congrès, il est certainement l'un des plus connus et plus beaux édifices de la ville.



Avant de devenir l'Hôtel de Ville en 1927, cette maison construite dans les années 1890 fut acquise par Antoine Lumière (père des inventeurs du cinématographe) en 1896. 



La villa du Châtelet. Construite en 1896 en bordure du lac, elle fut intégrée à un complexe thermal aujourd'hui fermé et dont la conception est due à  Jules Lavirotte (1864-1929),  architecte adepte de l'Art nouveau dont on rencontre certaines réalisations à Paris. Actuellement centre culturel.





Les bâtiments de la source Cachat, l'eau d'Évian. Actuellement en travaux.


 En quittant le port... La silhouette du magnifique Hôtel Royal.

29 juin 2024

Le Comité international olympique à Lausanne

Les locaux du CIO à Vidy - Cliché Gilles Barnichon

N'allez pas penser que je cède à la mode olympique en évoquant aujourd'hui ce bâtiment situé à Vidy à quelques centaines de mètres du Léman. Simplement le "hasard" du calendrier...

C'est en 1915, en pleine guerre mondiale que le baron Pierre de Coubertin, président du CIO, choisissait la Suisse afin d’établir le siège de l’organisation en terrain neutre car «L'olympisme trouvera dans l'atmosphère indépendante et fière que l'on respire à Lausanne, le gage de liberté dont il a besoin pour progresser». Plusieurs sites accueilleront successivement le Comité lui-même, indépendamment des autres structures.

Ce sera dans un premier temps le casino de Montbenon, grande et magnifique bâtisse construite en 1908 située sur l'esplanade de Montbenon et dont la terrasse jouit d'une vue imprenable sur le lac situé en contrebas..


Clichés Wikipedia

Puis la villa Mon Repos, à quelques centaines de mètres de l'imposant immeuble du Tribunal Fédéral, abrite le Cio à partir de 1922.  Ce bel édifice, dont l'origine remonte à 1747, se trouve en bordure du parc du même nom. Le théâtre situé dans les dépendances de la villa a été utilisé par Voltaire en 1757.


C'est en 1968 que le CIO investit ce que les Lausannois nomment le "quartier de Vidy" et plus précisément le "Château de Vidy" construit à la fin du XVIIIe siècle. 

Château de Vidy - Cliché Gilles Barnichon

Rapidement, le besoin est ressenti de locaux plus vastes qui vont être construits à côté du château et inaugurés en 1986. Ce serait le premier bâtiment où s'opère l'ensemble des activités mondiales du CIO auparavant réparties en plusieurs lieux. L'olympisme se développe de plus en plus et les fonctions administratives du CIO suivent le mouvement. Une extension est ajoutée en 2008.


Installations de 1986 - Images Wikipedia

Les choses s'accélèrent et une nouvelle fois, la décision d'agrandir les locaux est prise en 2015. Plutôt qu'adapter les existants il apparait comme préférable d'en construire de nouveaux. Au même endroit après avoir supprimé ce qui existe sauf, heureusement, le château de 1780... Pour un coût évoqué de 145 millions de francs, est obtenu un bâtiment de 22 000 mètres carrés, bien évidemment "durable, efficace énergétiquement et promouvant des valeurs..." qui peut accueillir 500 salariés. La nouvelle "Maison olympique" est inaugurée le 23 juin 2019.

Cliché Gilles Barnichon
Cliché Gilles Barnichon

Cliché Gilles Barnichon

Cliché Gilles Barnichon

Cliché Gilles Barnichon


Quelques sites d'architecture :IB+Architecture suisse